Dossier santé numérique : Fréchette donne le feu vert au déploiement dans deux CIUSSS
C’est ce qu’a annoncé la nouvelle première ministre, Christine Fréchette. Dans une vidéo publiée lundi matin sur les réseaux sociaux, elle prévient que le lancement du DSN pourrait être plus complexe. Oui, il pourrait y en avoir des bogues. Mais, je vous le dis, il est hors de question de revivre un deuxième SAAQclic. C’est pourquoi j’ai demandé de la transparence. Santé Québec va faire des suivis réguliers et la population sera informée.
Christine Fréchette, première ministre du Québec Mais l’objectif est simple : faciliter la vie des patients et du personnel en ayant une information centralisée, facile à consulter et accessible plus rapidement, affirme la première ministre. Santé Québec nous a donné ces garanties et s’est engagée à faire preuve de transparence. Elle fera des suivis réguliers pour vous tenir informés. Il est temps d’avancer vers un système de santé moderne. La ministre Bélanger confianteLe DSN a pour objectif de centraliser les données médicales des patients québécois sur une plateforme en ligne. Il doit permettre aux professionnels de la santé d’accéder à tout moment aux documents des usagers, que ce soit pour la prise de rendez-vous, les ordonnances ou la gestion. Le DSN sera utilisé tant dans les hôpitaux, les CLSC, les maisons des naissances, les CHSLD que pour les soins à domicile.
Son déploiement a déjà été retardé de plusieurs mois pour s’assurer de la préparation adéquate des équipes, notamment pour permettre la formation du personnel.
En entrevue sur ICI PREMIÈRE lundi matin, la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, s’est voulue rassurante, tout en reconnaissant qu’il y avait une certaine anxiété sur le terrain à la veille du lancement des projets vitrines. Elle assure que la formation va bon train et que les médecins et les professionnels de la Santé sont prêts pour le déploiement. Mme Bélanger soutient également que, pour quelques semaines après le déploiement du DSN, 4000 personnes seront disponibles dans les deux CIUSSS pour accompagner le personnel. Pour la ministre, il n’y a aucun doute : le Québec est en retard et doit faire ce virage numérique. Elle rappelle que le système utilisé par Québec est déjà déployé en Ontario et en Alberta, ainsi que dans plusieurs pays. Des drapeaux rougesEncore le mois passé, des médecins se disaient pourtant convaincus que le DSN n’était pas prêt à être lancé. À l’émission Les faits d’abord du 18 avril, sur ICI PREMIÈRE, la Dre Dominique Synnott, chirurgienne spécialisée en oncologie et en traumatologie à l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, a critiqué le projet piloté par Santé Québec, qui n’est absolument pas sur le terrain et ne comprend pas la réalité des médecins.
Au moment de la diffusion de l’entrevue, les formations n’étaient d’ailleurs pas terminées. En date du 21 avril, Santé Québec confirmait que 41 % des médecins au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal n’avaient pas encore reçu leurs formations, selon Radio-Canada. Ce chiffre s’élevait à 27 % pour les médecins des régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec.
Sur ICI RDI, elle a affirmé que 95 % des médecins avaient été formés en date de lundi.
Du délestage à prévoirAutre sujet d’inquiétude sur le terrain : le lancement du DSN provoquera du délestage. Comme le rapportait Radio-Canada en avril dernier, jusqu’à la moitié des activités cliniques pourraient être réduites pendant quelques semaines au CIUSSS de la Mauricie-et-Centre-du-Québec et celui du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Un retour à la normale est attendu pour septembre.
En Mauricie et dans le Centre-du-Québec, ce sont 630 chirurgies qui seront annulées. Pour la ministre Bélanger, il s’agit d’un passage obligé. Quand on installe de grands systèmes comme celui-là, il faut réduire les interventions, les opérations, le temps que les gens puissent s’approprier rapidement [le système] et changer leurs organisations du travail, a-t-elle souligné à l’émission Première ligne sur ICI RDI.
Dans la première semaine, c’est environ 25 % des activités qui vont être réduites. Par la suite, à la semaine 2 et 3, on reprend notre rythme très rapidement, a-t-elle précisé.
Tous les cas critiques, notamment en oncologie, ne seront pas visés par ce ralentissement d’activités qui est absolument essentiel, a garanti Mme Bélanger.
Inquiétudes en matière de sécuritéToujours en avril, l’ancien ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, affirmait, dans une entrevue à Radio-Canada, que les données des Québécois n’étaient « pas du tout en sécurité ».
Le député, qui a depuis quitté la Coalition avenir Québec (CAQ), s’inquiétait de l’hébergement des données par le développeur américain de la plateforme Epic Systems, qui est soumis au CLOUD Act, une loi américaine qui pourrait théoriquement permettre aux États-Unis de saisir les données.
Sur ICI RDI, la ministre Sonia Bélanger, qui dit avoir obtenu le feu vert du ministère de la Cybersécurité et du Numérique, a reconnu que les données médicales des patients québécois étaient hautement critiques.
Epic Systems n’a pas le monopole des données. Si le gouvernement américain nous demande d’avoir accès à de l’information, il va devoir passer par le gouvernement du Québec. C’est une garantie qu’on a reçue et c’est très important. Epic ne pourra pas donner des informations à la demande du gouvernement américain, a assuré la ministre Bélanger.
Epic Systems n’est pas le gardien des données québécoises, a-t-elle martelé un peu plus tôt sur ICI PREMIÈRE.
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